L'historiographie de l'Éducation physique et sportive (EPS) en France, lorsqu'elle aborde les biographies de ses acteurs ou actrices majeur(e)s, a fait l'objet d'un profond renouvellement lors de ces dernières années. Parmi les travaux académiques effectués récemment, nous pouvons retenir ceux centrés sur des concepteurs de l'EPS du second vingtième siècle comme Pierre Parlebas (Hugedet, 2020), Jean Le Boulch (Desplechin-Lejeune, 2021), Robert Mérand (Hibon, 2023) ou bien ceux qui ont cherché à combler le vide historiographique s'agissant des actrices militantes de cette discipline à l'image de l'étude menée sur la trajectoire d'Annick Davisse (Ottogali-Mazzacavallo & Szerdahelyi, 2019). Dans la lignée de ces travaux, notre étude est centrée sur Jean Guimier, un professeur d'EPS militant qui n'a fait jusqu'alors l'objet que de quelques contributions engagées (Couturier, 1999, 2001) et dont la trajectoire mérite d'être investiguée pour analyser ses combats politiques. Notre travail vise à mieux situer la vie et l'œuvre de cet acteur politique devenu temporairement inspecteur, à partir du fonds d'archives qui lui est dédié au sein des archives du Parti communiste français (PCF). Avec pour cadre méthodologique la sociohistoire compréhensive et conceptuelle de l'EPS (Vivier, 2001), cette étude tente d'abord de situer le rôle de Jean Guimier dans l'élaboration du programme sportif communiste. Cet acteur est ensuite présenté comme un personnage décisif dans l'entrée en militantisme d'autres acteurs de renom pour la communauté des enseignants d'EPS au cours du second vingtième siècle. Enfin, notre contribution tente d'expliquer la trajectoire atypique de Jean Guimier à l'aune des correspondances contenues dans ses archives.

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