Dans son allocution du 13 août 1940, le Maréchal Pétain détaille son projet de régénération morale et physique des jeunes Français pour « en faire les artisans de la révolution nationale ». L'accent est mis sur la nécessité de maintenir l'effort, le travail, l'action et la discipline d'équipe pour « former une jeunesse forte, saine de corps et d'esprit ». Pour cela il confie à Jean Borotra la direction du Commissariat général à l'Éducation générale et sportive. Au sein de cette instance la Direction de l'équipement sportif est chargée de « réaliser l'équipement du pays en matière de stades et de terrains d'entraînements et de jeux, et de faciliter aux pratiquants l'acquisition des équipements et du matériel nécessaire ».
Les municipalités sont donc encouragées à se doter de centres scolaires d'éducation physique et sportive. L'exécution des projets est facilitée par deux lois portant, l'une sur la déclaration d'utilité publique des installations éducatives et sportives, la seconde sur la simplification des procédures d'expropriations. L'enjeu est de créer des terrains scolaires d'éducation physique et sportive (TSEPS) conformes aux directives et programmes élaborés par le Commissariat sous la forme de schémas-types de plateaux d'éducation physique.
Les équipements et leurs accessoires font l'objet de codifications précises que les architectes n'ont plus qu'à reprendre et à combiner selon la configuration du terrain et l'ampleur du programme. Les projets sont nombreux dans les archives, mais bien peu sont mis en oeuvre en raison notamment des pénuries et restrictions de matériaux.
En réalité, seules les grandes agglomérations parviennent à mener à bien des constructions en raison des besoins d'une importante population, notamment à Paris. D'autres comme Lyon, Bordeaux ou Toulouse, achèvent les grands travaux mis en œuvre dans les années 1930, ce qui ne manque pas d'être mis faussement à profit par la propagande gouvernementale.

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