Les termes relatifs à l'activité physique (sport, éducation physique, pratiques physiques...) sont nombreux. En Italie, les emplois de ces vocables sont variables et parfois interchangeables. En effet, ces termes décrivent des pratiques hétérogènes insérées dans des systèmes aux frontières poreuses. Cependant, la contextualisation historique du sport et de l'éducation physique permet de distinguer ces concepts et de les rattacher à des pratiques précises.
Dans la seconde moitié du XXe siècle, le sport a été présenté par de nombreuses institutions et acteurs comme un droit « pour tous » (Union Européenne et Unesco, 1975-1978-1992). Son importance éducative, conjuguée à la professionnalisation des éducateurs, a été mise en avant. Cependant, le sport a évolué depuis les années 1970 vers un nouveau modèle. Entendu essentiellement comme une pratique de loisirs jusqu'au milieu du XXe siècle, il est devenu une profession et constitue actuellement un facteur important des économies mondiales.
Cette communication vise à interroger l'impact de l'évolution du sport sur la discipline scolaire qu'est l'éducation physique en Italie. En particulier, il s'agira de questionner les politiques du « Sport pour tous ». Cette expression est problématique car elle présente le sport pour une solution « pour tous » et elle relègue l'éducation physique au second plan, y compris dans l'institution scolaire. Les principes d'égalité et d'inclusion qui sont au cœur de l'enseignement public sont ainsi fragilités.
Notre travail montre que les évolutions et les perceptions de l'éducation physique et du sport en Italie sont largement dépendantes des décisions politiques concernant ces deux systèmes interdépendants.

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