Cette étude porte sur les facteurs qui ont pesé sur la trajectoire historique des nageurs et des nageuses olympiens noirs autochtones du continent africain pour laquelle les études restent rares contrairement à leurs homologues étatsuniens ou canadiens. Des JO de 1896 à ceux de 2024, il s'agit de mettre en lumière les diverses causes qui ont sous-tendu leur absence, puis leur progressive participation et progression en termes de résultats. Pendant et après le processus de décolonisation des pays africains, cette étude entend déconstruire les travaux qui, en essentialisant les nageurs et nageuses noirs, ont contribué à fabriquer en la matière un impensé dans l'opinion publique, c'est-à-dire une absence de perception objective de cette réalité historique et sociale pourtant évidente. Notre corpus repose sur un ensemble de sources manuscrites et iconographiques. L'analyse des rapports officiels des JO permet de formaliser l'évolution des décisions prises par le CIO vis-à-vis de la participation des pays africains à l'événement olympique. Pour identifier la nationalité, la date et le lieu de naissance, ainsi que la couleur de peau des nageurs et nageuses olympiques du continent africain, nous avons mobilisé des sources iconographiques et filmiques telles que des photos publiées dans les rapports des JO ou le site officiel Olympedia,, ainsi que des courses de natation disponibles sur différents sites Internet (Institut national de l'audiovisuel, Youtube). Pour connaître leurs temps réalisés et leurs classements, nous avons utilisé les rapports officiels des JO, la presse sportive nationale (L'Auto et L'Équipe) et le site Olympedia. Étant donné que pour former des nageurs olympiques sur le sol africain, il faut entre autres des bassins sportifs et des personnels d'encadrement, nous avons investi des travaux universitaires en la matière à l'aune de l'évolution des conditions politiques, économiques et sociales propres à différents pays africains.

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